Consultant : êtes-vous un objecteur de conscience 2.0 ?

Dans un environnement en transition vers une économie collaborative et instantanée, difficile de se contenter des bonnes méthodes d’autrefois pour développer en harmonie nos nouvelles branches « utilisateurs ».

Pas évident de conduire une voiture en pleine métamorphose

C'est le cas du contrôle de gestion, qui vise la maîtrise de la conduite raisonnable d'une organisation, en prévoyant les événements et en s'adaptant à l'évolution. Il pense, propose et élabore des outils de gestion au service du management de l'organisation, évalue la performance, les synergies, les gains de productivité et la flexibilité.

 Mais comment apprécier le management d’une organisation ouverte, en perpétuelle reconfiguration ?

  • Par le contrôle informatique, comme le graphe de flot de contrôle qui représente tous les chemins qui peuvent être suivis par un programme durant son exécution ?
  • Par une intelligence artificielle qui identifie les spécificités de l’organisation et anticipe ses mouvements, ses cycles, pour envisager à son tour des mesures d’adaptation ?
  • Proactive face aux influenceurs de l’organisation, les personnes par qui l'information circule le plus ?

 Dans un réseau en mouvement permanent, ces niveaux de centralité apparaissent instables, voire retardée. Et une intelligence adaptée, pour faire la différence entre un simple influenceur et un générateur de progression collective au sein de son organisation d’un nouveau type, devra avoir été optimisée en ce sens en amont.

 

Organisation déshumanisée ou plateforme augmentée ?

Pour le contrôle de gestion, si l'appréciation de la rentabilité reste généralement du ressort des analystes et des investisseurs, certaines approches visent à anticiper l’évolution future au regard des performances présentes et passées :

  • C’est un organe d'échange d'information, en liaison étroite avec les opérations et tout à la fois lié à la direction générale, le contrôle de gestion doit tout autant partir "du bas" que "du haut" et veiller à être utile aux unités de travail autant qu'à la direction de l'entreprise.
  • Il ne se contente pas de « cueillir » l'information qui passe, il doit la maîtriser complètement et s'assurer de sa qualité, mesurer ses spécificités ou la construire lui-même.

 

Ainsi, dans notre environnement en transition vers une économie collaborative et instantanée, le contrôle de gestion et l’outil de production lui-même, la plateforme collaborative, auraient fusionné ?

En termes de structures, d’attendus, de sécurisation vis-à-vis de l’extérieur, pour le bien de la communauté, aucun doute, il y a bien du jumelage dans l’air entre les nouvelles places de marchés contemporaines et leur propre organe de gestion.

 

Retour à l’essence humaine, sa conscience

 Il faut dire que l’organisation était humaine et que le contrôle, de nature plus systématique, en était sa contrepartie. Dès lors que la collaboration intelligente se substitue au concept et à son déploiement, tous optimaux par construction, il devient impératif de remettre de l’incertitude sous le capot.

 Nos organisations ont dès maintenant besoin d’une conscience, qui évolue au gré de ses cycles de vie, mais dont la transparence implique séquences de validations, de diagnostics, de décisions opérationnelles. Comme Cléante dans Tartuffe ou Ariste dans les femmes savantes, 2 consciences officieuses, de l’ombre, nos organisations devront rétablir la leur :

  • Comme point de relais physiques avec les dirigeants de l’organisation,
  • Comme point de certification de ses évolutions collectives.

Interne mais aussi externe, en appréciant les relations avec la règlementation, la société dans son ensemble, voire avec le reste de l’Univers, comme Cléante qui sauve la vie de son beau-frère Orgon par sa fine connaissance du fonctionnement de la cour royale de l’époque.

 

Verticalisation de la collaboration intelligente et souplesse de l’organisation

Les performances d’un instruments d’intelligences collectives impliquent un cadre dans lequel adoubé le jeu, son terrain de jeu. Sa conscience objective en quelque sorte, sur un terrain en cours de redimensionnement.

La reprise d’une verticalité pyramidale n’apparait pas compatible avec ces nouvelles organisations. Il doit s’agir d’un instrument d’une souplesse sans équivoque. A la hauteur de l’enjeu collaboratif et d’intelligence, elle se doit de devenir l'objecteur de la conscience de l'organisation. Mêmes origines, mêmes structures, mêmes idéaux, même solution unique en son genre, mais hors surface, dans un ailleurs dual, telle une pièce rapportée dans une comédie de Molière.