Votre bonheur est dans votre pré - 1/2

Vos ressources humaines : un capital vital à cultiver

Un petit peu d’histoire

Jeune ingénieur en informatique d’entreprise et management, j’étais recruté par une entreprise de sidérurgie comme chef de projet puis comme DSI. Certes la crise de la sidérurgie allait se déclarer mais tout marchait encore bien alors.

Cette entreprise voulait investir et faisait appel à sa principale banque pour se financer. Ladite banque, après étude du dossier, lui fit savoir qu’elle n’accordait pas ce financement car elle considérait que l’entreprise détenait ce financement dans ses propres locaux, en stocks et en-cours divers. Il lui suffisait de mieux optimiser sa gestion.

L’entreprise détenait donc la solution en son sein, pour peu qu’elle y accordât attention.

Trois années plus tard, après une étude stratégique et de révision des processus internes conduite par le cabinet MAC KINSEY et à laquelle je fus associé, ce fut la prise de contrôle par un grand groupe puis assez vite ce que l’on a appelé « la crise de la sidérurgie » qui conduisit à une restructuration nationale de tout ce secteur d’activité. Elle jeta en retraite anticipée un très grand nombre de personnes qui furent même interdites de recherche d’un nouvel emploi, les conditions de départ étant dites « généreuses » dans le cadre d’une convention nationale.

L’entreprise, dans laquelle je travaillais encore, perdit ainsi la moitié de ses effectifs.

Pendant la période de « dégraissage » qui dura deux ans environ, les futurs ex-salariés qui étaient encore dans les effectifs et au travail, étaient, pour des besoins de comptabilité analytique, rangés dans une catégorie nommée « écart social » ! On niait leur existence pour pouvoir calculer les résultats financiers en anticipant sur ces départs. Bien entendu, tout le personnel apprit cette dénomination.

Ce fut une période difficile pour tout le monde et l’entreprise s’aperçut vite que le climat social s’était détérioré (ainsi que la productivité) et que, lorsque l’effectif fut réduit, les compétences et les savoir-faire s’étaient envolés avec ces salariés partis. On aurait pu s’en douter ! L’entreprise, que j’avais alors quittée, fut proche du dépôt de bilan et fut soumise à plusieurs plans de réduction des effectifs et reprise par un autre groupe.

L’entreprise prit bien évidemment conscience que son capital humain était une ressource essentielle, vitale.

Quelques références qui ont renforcé mes convictions

Même si son livre date de 1951, j’avais lu dans ces années de débutant en entreprise et en format de poche le livre de MARGUERITE YOURCENAR « Les mémoires d’Hadrien » et j’avais été frappé par une page (page 51 je crois dans la version lue). Page que j’ai gardée dans mon agenda bien des années, jusqu’à ce que le smartphone remplace le papier, et bien mal en point lorsque je l’ai rangée dans mes archives, et dont l’essentiel est :

« Je ne méprise pas les hommes. Si je le faisais, je n'aurais aucun droit, ni aucune raison, d'essayer de les gouverner ...……… Et il y en a peu auxquels on ne puisse apprendre convenablement quelque chose. Notre grande erreur est d'essayer d'obtenir de chacun en particulier les vertus qu'il n'a pas, et de négliger de cultiver celles qu'il possède »

Les écouter, les solliciter, les considérer, les reconnaître, les placer là où ils donnent le meilleur, autant de principes qui ont guidé et guident mon management. Ne pas négliger ce que les personnes savent et ont envie de partager. Même si parfois il faut introduire des idées et des connaissances nouvelles en faisant appel à des « sachants de l’extérieur », il y a façon de le faire afin que cela soit accepté, voire désiré, et profite à toutes et à tous.

L’herbe semble plus verte ailleurs car notre perspective est différente, il suffit d’examiner son propre pré pour y détecter ses ressources, visibles et cachées, afin de mener toute action favorisant la bonne marche présente et future de l’entreprise, voire parfois sa survie.

Certes Antoine de Saint Exupéry disait : « Vous ne pouvez commander ces gens que si vous les aimez”, mais sans parler d’amour, commençons par mieux les considérer.

Et c’est Steve JOBS qui a encore enfoncé le clou, bien des années plus tard : « Cela ne fait aucun sens d’embaucher des gens intelligents et de leur dire ce qu’ils doivent faire. Nous recrutons des gens intelligents afin qu’ils nous disent ce que nous devons faire ».

Pour conclure ... et poursuivre

C’est sur ces principes simples mais clairs, que j’ai rempli mes missions, postes de direction en entreprise et missions de consultant. Dans les fonctions remplies auprès d’hommes politiques au sein de collectivités territoriales, j’ai fait savoir ces principes qui s’appliquent à la gestion publique et à l’exercice du pouvoir. C’était d’ailleurs le contexte des Mémoires d’Hadrien. J’avais envie de les partager avec vous. J’illustrerai dans une 2ème partie, à venir.

Il faut donner pour recevoir et l’effort du premier pas est rapidement rentabilisé, à la fois par ce que l’on reçoit des personnes et par ce que cela apporte à l’entreprise. Et ensuite cela devient naturel !

Le réseau de consultants 2PS est en mesure de vous accompagner pour identifier et répondre à vos problématiques : de management, de transformation et de nouvelles technologies.