De quelle Qualité de Vie au Travail parle-t-on ?

La Qualité de Vie au Travail n'est elle pas directement liée à la santé des travailleurs ? Autant savoir de quoi il en retourne...

C’est en écoutant une conférence de l’excellent Mathieu DETCHESSAHAR, professeur à l’Université de Nantes et chercheur au CNRS, qu’une fois encore, je suis convaincu qu’il est urgent de revenir aux fondamentaux des relations humaines, dans les entreprises, les collectivités... tant, la plupart du temps, nous faisons souvent fausse route.

Si nous acceptons que les choses soient faites dans le bon ordre, alors, nous irons dans le bon sens.

Abordons la question du bien être au travail en resserrant les débats, pour mieux percevoir les premières pistes de solutions.

La Qualité de Vie au Travail (QVT) ne peut être une réalité de demain que si et seulement si, nous savons nous poser les bonnes questions. Sur ces sujets, j’adhère complètement à l’idée que les solutions obligeront non seulement à voir les choses différemment, mais aussi à opérer un retour à l’essentiel.

Produire de la Qualité de Vie au Travail est la nouvelle manière positive de parler « d’éviter les risques psycho-sociaux et les problèmes de santé ». Mais au final… les objectifs sont les mêmes : construire le bien être des collaborateurs voire même de générer du bonheur au travail, et ce n’est pas rien.

Les problèmes de Qualité de Vie au Travail, ce sont avant tout des problèmes de Travail. Si les entreprises doivent fabriquer de la QVT, c’est bien dans le Travail et non pas dans ses à-côtés qui, finalement, sont réellement secondaires.

Le Travail est toujours une question d’efforts et de fatigue ; c’est ce qui en fait la grandeur, quand il est bien fait. La satisfaction du travail bien fait donne du sens aux efforts produits. Simone VEIL disait très justement que « l’homme doit pouvoir se contempler dans son travail. » Il ne se réalise qu’en réalisant quelque chose, il se construit grâce et dans son travail. A l’inverse, se fatiguer, faire des efforts pour rien, c’est terrible et dangereux.

Si nous voulons donc créer de la QVT, il faut donc se concentrer sur LE TRAVAIL. Si la QVT est liée aux activités et au soutien de ces activités, les deux leviers à actionner sont le MANAGEMENT et l’ORGANISATION, et surtout pas la DRH par voie de conséquence.

Comment le MANAGEMENT peut concrètement contribuer à générer du bien être chez les collaborateurs ? De nombreuses études montrent que ce qui est primordial pour les salariés, c’est de pouvoir bien faire leur travail, dans de bonnes conditions et qu’il soit apprécié à sa juste valeur. Pour cela, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils ont besoin d’un manager plus présent dans leur quotidien. Aussi, nous déplorons que c’est de moins en moins le cas et que les encadrants sont happés par des activités connexes comme la gestion, le pilotage, les réunions, les groupes projets…

Au-delà de déconnecter les managers de leurs équipes, cette absence a pour conséquence de ne plus donner la possibilité aux équipes, de parler de leur travail, de bénéficier du soutien managérial dont ils ont tant besoin.

Ces constats constituent un problème de taille, car le divorce entre management et travail opérationnel conduit à la baisse de l’engagement ("personne ne voit ce que je fais de bien"), de la qualité (plus de contrôle, de raison de bien faire) et de l’innovation ("je connais parfaitement mon produit, j’ai quelques idées pour le faire évoluer") …

Donc, une fois que nous avons dit ça, que faire ? Un excellent début serait de ramener les managers auprès de leurs équipes, et de réinstaurer des échanges, du dialogue. Il est primordial de créer des espaces d’échanges, de discussion, récurrents et sanctuarisés dans le temps. Le chantier est colossal, même si cela parait facile.

Je parlais de retour aux fondamentaux du management, et bien nous y sommes. Rien de nouveau, rien de révolutionnaire et pourtant…