La culture du risque se diffuse lentement mais surement dans les PME et ETI françaises…

Mais, par manque de temps et de ressources, leurs politiques de management global des risques ne sont pas encore à la hauteur des enjeux.

  • Depuis environ un lustre, la culture du risque commence à s’infiltrer dans les PME et ETI françaises. Une étude publiée, au début du mois de février 2018, par un assureur (1) montre que le management des risques des entreprises représente un enjeu majeur ou important pour 65 % des dirigeants de PME.

Il arrive en troisième position (40 %) des principaux facteurs de compétitive des entreprises, derrière stratégie commerciale (71 %) et le positionnement prix (42 %) et à égalité avec l’innovation et la R&D.

Les dirigeants mettent dans l’ordre de leur préoccupation comme menaces :

  • les risques humains (72 %), notamment ceux liés aux accidents de travail (60 %), aux maladies professionnelles (41 %) et aux difficultés de recrutement (45 %). Il a même en forte augmentation depuis un an, selon 56 % d’entre eux,
  • les risques de marché (59 %), avec entre autres l’augmentation de la concurrence (45 %) et les pertes de clients (42 %),
  • Les risques réglementaires (47 %), redoutés par les évolutions de la législation du travail (50 %) ou du cadre normatif de leur activité (45 %),
  • les risques matériels (43 %), avec les incendies, les explosions, le vol ou la fraude, mais aussi les bris de machine ou les défauts de produit),
  • les risques financiers (39 %), avec les cessations de paiement, l’inflation ou les variations de cours de matières premières).
  • les cyber risques sont cités uniquement à 15 %, malgré les nombreux incidents (WannaCry ou NotPetya, antérieur à l’étude…) de cybersécurité recensés en 2017 qui ont touché des entreprises. 


1/3 des PME/ETI maîtrisent leurs risques

La grande majorité des PME et ETI (69 %) sont conscientes qu’elles maîtrisent partiellement, voir pas du tout, leurs risques.

Mais pourquoi ? Les trois premières raisons sont dans l’ordre :

  • le manque de temps ou de ressources pour plus de 50 % des dirigeants,
  • vient ensuite les coûts de mise en place des changements ou améliorations (36 %),
  • puis la difficulté à répercuter les évolutions dans l’organisation (35 %).


Les interlocuteurs privilégiés

Les PME identifient comme des interlocuteurs privilégiés en termes de management des risques des entreprises l’inspection du travail (73 %), les avocats (71 %) ou les organismes vérificateurs agréés (69 %) puis arrive les assureurs et les courtiers (62 %).

Il reste la place qu’ils veulent donner aux risks managers qui sont pleinement légitimes à accompagner les dirigeants dans l’élaboration de leur cartographie des risques et à leur proposer les meilleures solutions efficientes. Il reste tout un travail pédagogique pour offrir des offres ciblées pour faire connaître les avantages qui reposent encore trop souvent sur les menaces, mais peu sur les opportunités.


(1) Étude menée par OpinionWay pour QBE entre le 25 septembre et le 13 octobre 2017, par téléphone, auprès d’un échantillon de 302 entreprises (de 50 à 249 salariés), constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de taille d’entreprise, secteur d’activité et région d’implantation.)