Ouvrir son entreprise aux journalistes, c'est bon pour le recrutement de futures compétences!

Ne pas imaginer une stratégie de présence médiatique, même modeste, c'est se priver de futures compétences pour son développement.

Vous imaginez le cadre d'une multinationale qui enfile chaque matin au moins une heure de transport jusqu'à une tour de la Défense, après avoir laissé son enfant dans une crèche qui ne voit jamais le soleil? Il rejoint un open space où une centaine de collègues aux profils identiques, traitent des milliers de dossiers. Objectifs, indicateurs de productivité, clients sans visage.... Il commence à rêver d'une PME en région, avec une dimension humaine, des clients qui disent merci et un autre cadre de vie pour élever ses enfants. Son défi: pousser la grisaille sans dévaluer son potentiel professionnel. 

Cette PME attractive, c'est peut-être la vôtre. Justement, vous avez publié une annonce récemment, en vue du recrutement d'un collaborateur expérimenté, qualifié, pertinent... une femme ou un homme de confiance quoi! 

A l'heure de la pause, notre cadre pianote sur son écran et croise votre annonce. Il a le profil, les compétences, la motivation. Une lueur dans son esprit. Et si c'était L'opportunité? 

Le salaire, le plan de carrière, les avantages d'un CE super puissant? Il est prêt à faire des concessions sur tout ça, pour une nouvelle vie. Sur son moteur de recherches, il tape le nom de votre entreprise. Et soudain: l'abîme. Il découvre un vague site internet pas franchement à jour, les infos officielles d'infogreffe et la relation par la presse locale d'un conflit à l'issue d'une négo salariale difficile, abondamment relayée par un syndicaliste zélé. Conflit qui remonte à cinq ans! L'implacable mémoire d'internet.

Le rêve s'effondre. Pourquoi envoyer un CV? Comment se motiver pour partir à la conquête de ce poste dans une entreprise qui ne raconte rien? Pas une innovation relevée par la presse professionnelle. Pas une action citoyenne relayée par la presse locale. Pas une perspective économique, un plan de recrutements, un projet de nouveau site de production expliqué dans un journal papier ou télévisé et resté en ligne. Notre candidat déjà raplapla est démobilisé. Son destin ne croisera jamais cette entreprise qui n'aurait rien à raconter. Le rendez-vous est raté avant même d'avoir été envisagé. 

Et pourtant, chaque entreprise a bien sûr quelque chose à raconter. Le parcours de son créateur, sa capacité à innover, ses marchés insolites, ses succès à l'export, et même la gestion pertinente d'une crise environnementale ou sociale sont des sujets pour les journalistes. 

Réfléchir en amont à une stratégie presse, décoder ce qui attire les reporters, se former un peu, peut-être désigner un référent aux relations presse, ce n'est pas si compliqué, et quasiment gratuit. Ca peut rapporter gros en termes de réputation, donc de recrutement. Au passage, ca peut aussi avoir des effets vertueux sur les partenariats, les ressources internes, la visibilité sociale et sociétale, et même pour les relations avec les banquiers ou les actionnaires.  Ce serait dommage de s'en passer!