«Une brèche en toute chose […] c’est ainsi qu’entre la lumière»

Une brèche en toute chose, c’est d’abord le constat que rien ni personne n’est parfait. C’est aussi la révélation que la lumière peut entrer par cette faille.

L’exposition Une brèche en toute chose/A Crack in Everything, présentée au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), est consacrée à Leonard Cohen, sa vie et son œuvre, à travers les installations de plus de 40 artistes qui ont choisi de traiter d’un aspect de ses textes, de ses chansons ou de la personne qui les interpellait, en autant de cadrages et de formats. Fascinant !

À l’approche de la nouvelle année, c’est un cadeau que de se rappeler les mots de l’artiste. Cohen disait de l’art qu’il n’est pas le reflet de la réalité, mais bien le marteau qui nous permet de la façonner (Art is not a mirror held up to reality but a hammer with which to shape it). Ça me donne à penser.


Je pense à la reconnaissance

À la vraie reconnaissance, évidemment. Nul besoin de dire merci à tout venant pour l’exprimer. La reconnaissance est profonde ou elle n’est pas. Elle a besoin de peu de bruit.

Reconnaître, c’est prendre le temps de souligner ce que l’autre a fait pour nous, pour l’équipe, pour le projet, même si ça semble « facile » (naturel) pour cette personne. Ce n’est pas parce qu’une personne exerce ses talents qu’il est « normal » (banal) de vous en donner le fruit. L’observer, l’écouter, l’entendre, l’apprécier... voilà une reconnaissance bien sentie.


Je pense à la page qu’on sait tourner

Sur nos erreurs. Sur celles des autres. Non pas en oubliant, mais plutôt en se rappelant pourquoi on ne veut plus refaire cette erreur, ou subir celle de l’autre. Et agir en conséquence.

Ce n’est qu’une fois cette réflexion faite qu’on pourra vraiment tourner la page, et même passer au chapitre suivant de notre vie. La vie est mouvement.


Je pense à la désinformation et à la solidarité

Une véritable épidémie ! Et ça ne s’arrêtera pas de sitôt. La désinformation abêtit et fait prendre de mauvaises décisions, parce que fondées sur de mauvais renseignements. Il y a là une menace pour la démocratie, pour la gestion de nos vies, pour la gouvernance de nos pays. C’est grave.

Heureusement, on peut toujours utiliser son libre arbitre pour influencer l’avenir.

La technologie sert à ceux qui désinforment, mais elle permet aussi de formidables dialogues intergénérationnels, interculturels, voire planétaires.

Construisons un monde meilleur à partir d’informations vérifiées et solidarisantes.


Je pense aux humains bafoués et à ceux qui renversent les choses

Lorsque les humains sont bafoués, c’est toujours par d’autres humains, ne l’oublions pas. Les bafoueurs peuvent être chefs d’entreprise et placer le profit au-dessus du bien-être des personnes — employés ou clients ; ils peuvent être savants et utiliser leur savoir à leur avantage plutôt qu’au bénéfice de ceux qui leur font confiance ; ils peuvent être profiteurs de bas étage, prêts à vendre n’importe quoi, à voler ou même à tuer, par appât du gain ou de pouvoir.

Chacun de nous, à chaque instant, et peu importe nos métiers, pouvons faire la différence. Protégeons les plus faibles — ne le sommes-nous pas tous à un moment ou un autre ? Soulevons-nous contre l’injustice. Gilbert Cesbron écrivait : « Dans la vie, on a l’occasion que quelquefois d’être brave, et celle, tous les jours, de ne pas être lâche. » Ne soyons pas lâches.


Je pense à la mise en lumière des savoirs et des savoir-faire

Quoi de plus inspirant en ces temps de tous les dangers — désinformation, changements climatiques, terrorisme, appauvrissement de la masse, déplacement de populations, etc. — que de s’instruire du savoir des autres, que de lire, d’écouter et de comprendre les avancées en terrain miné de millions d’individus au quotidien, courageux, déterminés et compétents ? Que de se nourrir de cette humanité en devenir et en mission de vie ?

Je vous souhaite pour 2018 de vivre vos talents et de savoir reconnaître et mettre en lumière ceux des autres.

Très bonne année !


Isabelle Quentin est maître-éditeur et experte-conseil en contenus de communications.

Photo Alain Lanciault, Abbaye de Vaux-de-Cernay, France