Les chiffres et les lettres, la finance et les explications

Comment comprendre l'évaluation financière d'une société dont l'hermétisme procède de chiffres, de formules mathématiques, de suites parfois interminables de concepts financiers?

L’enjeu : comment comprendre une valorisation financière d’entreprise dont l’hermétisme procède de chiffres, de formules mathématiques, de suites parfois interminables de concepts ?

 1) La valorisation financière de l’entreprise et les chiffres 

Afin de valoriser financièrement les sociétés, les professionnels de chiffre recourent aux techniques habituelles à la profession en matière financière en utilisant une terminologie spécifique. Par exemple, les notions financières suivantes sont couramment employées : EBIT (résultat brut d’exploitation avant impôts, avant intérêt des emprunts), EBITDA (résultat brut d’exploitation avant intérêts des emprunts, avant amortissements et avant provisions), Besoin en Fonds de Roulement, Fonds de Roulement, Ratios, Taux d’actualisation, Coût Moyen Pondéré du Capital. En plus de cette terminologie, les calculs pratiqués peuvent paraître quelque peu hermétiques et du fait du nombre de calculs permettant in fine de donner un intervalle de valeur ou une valeur d’entreprise ou de droits sociaux, le lecteur du rapport rédigé par l’évaluateur peut se trouver quelque peu dérouté par l’emploi d’une telle terminologie, de données chiffrées qui ne cessent de se succéder au fil des pages du rapport. 

2) La valorisation financière de l’entreprise et les lettres  

C’est la raison pour laquelle les lettres doivent expliquer les chiffres : les données financières ne peuvent être comprises que grâce à la prise de connaissance d’un rapport circonstancié dont les lettres, la syntaxe, les différentes parties et les paragraphes distincts permettent de comprendre le raisonnement de l’évaluateur, les hypothèses posées, les démonstrations financières, le bien- fondé de l’estimation de la société cible, de la société qu’il s’agit de transmettre, de céder ou d’acquérir, de la société qu’il s’agit de valoriser dans le cadre d’un divorce, d’un partage, d’une succession ou d’un conflit entre Associés.

3) Les lettres explicitent les chiffres de la valorisation financière de l’entreprise 

Les lettres au-delà des chiffres exposent la genèse de la société, son historique, ses particularités, son modèle économique, ses forces et des faiblesses, détaillent les atouts qu’elle doit encore relever afin de conforter ses volumes d’affaires, sa solidité, sa pérennité,  indiquent les moyens dont elle dispose afin de réaliser son objet social (quel outils industriels, brevets et savoirs faires, ressources humaines ?), rendent explicites les informations financières, le bilan et le compte de résultat quant à leurs contenus et à leurs variations. La conclusion chiffrée de l’évaluateur doit être comprise par le lecteur des lettres. Le rapport de l’évaluateur, professionnel du chiffre, ne peut se contenter de tenir en quelques pages succinctes. Bien au contraire, les détails, les précisions, les raisonnements doivent être suffisamment détaillés et explicités afin de faire « parler les chiffres », de rendre ainsi vivants que possible non seulement l’évaluation financière mais encore l’entreprise elle-même : le cheminement des chiffres doit être compris par les parties en présence grâce au cheminement des lettres.             

 Bon à savoir : une évaluation financière de société doit être explicitée au sein d’un rapport circonstancié, détaillé. Les lettres peuvent alors rendre les chiffres explicites.