PILOTER SON ENTREPRISE

Piloter son entreprise ressemble au pilotage d'un avion

Piloter son entreprise ressemble au pilotage d'un avion !

L’entreprise se pilote avec une vision bien précise. Cette vision implique la réalisation d’objectifs prédéfinis par la mise en place d’un plan d’actions. On peut aussi dire que piloter une entreprise s’apparente au pilotage d’un avion et ce, sur les points que nous allons évoquer ci-dessous :

L'existence d'une destination

La destination détermine le plan de vol ainsi que tous les moyens techniques budgétaires et humains pour amener l'avion  au bon aéroport.

Le cap, l'altitude et la vitesse dépendent étroitement de la destination. Ces informations sont formalisées avant le décollage de l'avion.

En entreprise la destination est assimilée aux objectifs quantitatifs et qualitatifs, aux buts à atteindre.

Les objectifs clairement définis, avant le lancement des projets concernés, permettront à l'entreprise d'optimiser les plan d'actions à mettre en œuvre pour les atteindre et d'économiser du temps et de l'argent au fil de leurs déroulements.

La régulation réciproque des actions

En matière de pilotage, on voit souvent deux techniciens aux commandes, à savoir, le commandant de bord et le copilote. Si les deux disposent de la même capacité sur le plan technique, le premier devance le second par l’étendue plus importante de ses expériences et de son savoir-faire.

Néanmoins,les deux pilotent ensemble l’avion, le copilote contrôlant et validant chacune des décisions proposées par le commandant de bord.

La même chose devrait se retrouver au sein d’une entreprise dans le sens où lorsqu’un dirigeant avance une solution à un problème donné, ses collaborateurs ne doivent pas forcément chercher à être bien vus, mais à étudier et à critiquer la décision si nécessaire et ce, afin de trouver la meilleure réponse à chaque défi posé.

Une entreprise bien pilotée fonctionne ainsi sur la mise en place d’un système de « contre-pouvoir » à la hiérarchie, productif et constructif lorsqu’il est utilisé à bon escient.

L'objectivisationdes relations

Dans un avion, le fait d’instaurer un contrôle mutuel des différentes actions effectuéesrepose sur des enjeux sécuritaires qui vont dans le sens de préserver à tout prix la vie des passagers et des membres d'équipage.

Ce système est devenu courant depuis la fin des années 70 suite à l’accident de Tenerife en 1977 dont le bilan avait fait plus de 500 morts. 

Le commandant « avait cru » entendre l’autorisation de décoller et s’est exécuté en entrant en collision avec un autre avion alors que le copilote et le mécanicien avaient émis leur objection en voyant le brouillard qui encombrait la piste.

Le pilotage d’une entreprise devrait aussi permettre une telle objectivisation dans les relations entre supérieur hiérarchique et collaborateurs et ce, afin de limiter les erreurs à tous les niveaux de l'entreprise.

La mise en œuvre d’un plan B

L’aviation est un secteur qui privilégie toujours les plans B. Elle favorise la multiplication des scenarii et met un point d’honneur à anticiper tous les événements, toujours dans le souci de la sécurité des passagers.

Cette vision des choses se comprend parfaitement lorsque les avions décollent toujours avec plus de kérosène que la quantité nécessaire pour leur trajet ou encore lorsque les constructeurs conçoivent les moteurs pour assurer les vols même en cas de panne de ceux-ci.

La formation des pilotes est elle aussi axée sur la gestion des imprévus quel que soit leur degré de gravité.

Avoir la même façon de penser en entreprise apporte plus de sécurité notamment lorsqu’elle varie ses sources de financement pour pouvoir faire face à ses obligations financières coûte que coûte, lorsque les fournisseurs sont variéspour que l’entreprise n’ait pas à souffrir de la défaillance de l’un d’eux ou encore lorsque le chiffre d'affaires est raisonnablement répartiafin de limiter le risque de dépendance à un client représentant plus de 30 % du chiffre d'affaires total de l'entreprise.

Pour chaque situation dont la survenance rentre encore dans le cadre du prévisible, l’entreprise devrait savoir prendre les devants et avoir des solutions déjà prêtes en main sous forme de check-lists en cas de procédure d'urgence comme cela est naturellement prévu dans un avion.

La gestion des informations

Le pilotage d’un avion ne donnant aucune marge à l’erreur, le partage des informations d’où qu’elles viennent peut s’avérer vital lorsqu’on est en vol et que l’on transporte plus de 300 passagers.

Bien que les conséquences ne soient pas forcément de la même ampleur dans une société cette conception du partage de l'information devrait se retrouver en entreprise par la mise en place d'un système de communication ascendant et descendant performant.

L’écoute et le contrôle

Les profils recrutés dans le secteur aéronautique font l’objet d’une sélection rigoureuse non seulement du point de vue de leur compétence technique, mais aussi pour leur personnalité ouverte à l’écoute, essentielle dans le travail en équipe.

Cette qualité fait aussi partie de ce que l’on attend du personnel qui travaille dans une entreprise.

A l’écoute doit encore se joindre le contrôle permanent du développement des compétences comme dans le secteur aéronautique où la capacité de réaction des pilotes est souvent testée de même que leur aptitude à évoluer en équipe.

En entreprise, les collaborateurs doivent être incités à toujours se doter de plus de compétences et à accompagner leur expérience d’une mise à jour constante des connaissances, vérifiée de manière régulière par leurs responsables ou leur hiérarchie.

Le partage d’expérience

Dans le secteur aéronautique, les erreurs se partagent et s’exploitent pour l’amélioration du système collectif y compris entre compagnies aériennes concurrentes.

On attend bien-sûr la même réaction en entreprise et ce, afin d’en tirer les leçons pour tous les collaborateurs du moment que l’on sache bien faire le distinguo entre erreur et faute.