C'est quoi le problème ? [jeu]

Il y a toutes sortes de problèmes. Des petits, des grands. Des joyeux à résoudre. Ceux qui semblent sans solution. Et, à la source, il y a toujours moi. C’est mon problème ! Et j’en suis !

À la source, il y a moi. C’est ma vie. C’est mon problème. Et j’en fais partie que ça me plaise ou non. Je suis aussi le seul, la seule, à pouvoir sortir de cette boîte, de cet enfermement. Ça ne peut pas se faire sans moi. Ce qui ne veut pas dire que je suis seul ou que je ne peux pas demander de l’aide. Mais je suis responsable de mon problème et responsable de sa résolution.

Responsable ? M’enfin ! C’est pas ma faute, c’est mon patron, c’est mon travail, c’est mon entourage qui ne me comprend pas, c’est la vie qui m’essouffle, ce sont les factures qui entrent plus vite que je ne peux les régler ! Qu’y a-t-il de commun dans ces affirmations ? Ma, mon, m’, je. Moi. Toujours moi.

Alors, dans le jeu suivant, acceptez d’abord que vous êtes partie intégrante de votre problème. La bonne nouvelle ? Vous êtes aussi celui, celle, qui peut l’identifier, lui faire face, trouver des solutions.

Pour cela, il vous faut regarder le dragon les yeux dans les yeux. Il est gros, il est laid, menaçant et fumant, mais ce n’est qu’un dragon. Il n’existe que dans les contes pour enfants et… dans votre imaginaire. Attention, dragon, j’arrive !


Affronter le dragon

Comme le dit mon amie Viviane, il faut affronter le problème dès qu’il se présente. Affronter fait du bien. Si on le repousse, on l’a en tête, on vit mal, on angoisse et on se stresse. Autrement dit, le problème nous pourrit la vie.

  • Mais, pour cela, il faut le nommer. Objectiver le problème, lui donner une forme. Donnez d’abord un nom à votre problème.
  • De quoi votre problème a-t-il l’air ? Couleur, densité, chaud ou froid. Dessinez-le.
  • Est-ce un problème qui m’est tombé dessus ? Que je me suis créé ? Quelle est ma part dans ce problème ?
  • De quoi, de qui ai-je peur ? Peur de perdre mon emploi, mes amis, peur du conflit, de ne pas être à la hauteur, de mal faire, de me tromper, peur de la solitude ? Nommez toutes les peurs que soulève votre problème.
  • Qu’est-ce qui se cache derrière chacune de ces peurs ? Inscrivez les émotions, les sentiments que cela déclenche en vous.
  • Pour chacune de ces émotions, inscrivez votre réaction habituelle : je fuis, j’esquive, je contourne, je fais semblant que ça n’est pas grave, j’agresse verbalement, physiquement, etc.

Vous avez maintenant bien identifié votre dragon.

Vous savez maintenant que vous faites partie de l’histoire du dragon,

puisque ce dragon est une projection de vos peurs.

Et que la peur mène vos réactions.

Luc-Antoine m’a raconté une histoire qui m’a fait réfléchir. Deux personnes se croisent dans la nuit. Deux personnes comme vous et moi, sans malice ni intentions négatives. Il fait très noir. La présence de l’une inquiète l’autre et vice versa. Leurs repères – voir les gens les yeux dans les yeux, bien identifier leur mouvement, leur attitude, leur parcours – ne sont pas là. Ils sentent qu’ils ne contrôlent pas la situation. Ils ont peur.


Qu’est-ce que cette histoire que nous avons vécue mille fois nous indique ? Que, si le déclencheur du problème est externe, la cause, elle, est interne.

Dans ce cas précis, il n’y a aucune réelle menace. La cause de notre malaise est en nous, dans notre perception, dans les moyens schématiques d’appréhender la réalité que nous avons.

N’est-ce pas souvent le cas dans différentes zones de notre vie ?

Reprenez le dessin que vous avez fait et amusez-vous à le réduire, à le regarder de loin, à changer la température qui s’en dégage, à le mettre dans un cadre. Jouez avec lui ! C’est possible maintenant.


Isabelle Quentin est maître-éditeur et experte-conseil en contenus de communication.

Elle est l'auteure de Se jouer du burn-out, Sgräff, dont cet extrait est tiré.

Photo : Oeil de reptile. National Geographic.