Faire de son livre un projet d'affaires, est-ce possible?

Avant toutes choses, il faudrait définir ce qu’est le projet d’affaires dont on parle. Et pour chacune des parties : éditeur et auteur.

Pour l’éditeur


Pour l’éditeur, nul doute, il doit générer un profit de l’exercice. Sa viabilité en dépend.

Son risque financier est important. Beaucoup plus que s’il publiait pour un romancier.

Les auteurs de livres d’affaires étant d’abord et avant tout des experts, il y a un travail éditorial très important à consentir, suivi d’une révision qui s’apparente souvent à une réécriture. La mise en pages, riche d’exercices, de jeux, de schémas et de tableaux est plus complexe, plus proche du livre scolaire que du roman. Idem pour les versions électroniques.

Dans l’industrie, la plupart des éditeurs choisiront d’évaluer un manuscrit achevé avant de prendre une décision, pour la bonne raison que la plupart des projets d’écriture entrepris n’aboutissent pas. Il y a un monde entre avoir envie d’écrire un livre et… l’écrire.

Pour ma part, je rencontre l’auteur dès le début de son travail.

Ça me permet d’abord de saisir qui est cette personne. Est-elle déterminée? Organisée ? Réaliste ? Fiable ?

Le sujet qu’elle veut traiter a-t-il maintes fois été développé ou est-ce une première? Si le sujet a déjà été traité, l’approche qu’elle préconise apporte-t-elle quelque chose d’innovant? Un réel avancement pour la compréhension du lecteur?

Enfin, de quelles façons va-t-elle porter son message? À l’occasion de conférences? De formations? De coachings? À travers un blogue existant, à créer ? Autrement? Combien de personnes rencontre-t-elle par année? Au Québec, en Europe? Comment va-t-elle utiliser son livre ? Pendant combien de temps ? Parle-t-elle anglais, d’autres langues ? Les utilise-t-elle dans son travail Faut-il envisager des traductions ?

Si cette rencontre nous prouve mutuellement que nous voulons poursuivre ensemble, le vrai travail reste à faire. Il faudra :

  • La guider dans l’art d’écrire un livre d’affaires.
  • L’accompagner.
  • Établir un calendrier de travail, d’étapes, des responsabilités mutuelles, jusqu’à la parution.
  • Préparer ensemble et orchestrer la mise en marché, afin qu’un bassin de lecteurs cible soit atteint rapidement, ceci dans le but de créer un impact en librairie et une répercussion de la qualité de l’œuvre dans le monde du travail.
  • Enchâsser notre relation dans un contrat d’auteur.

Puis coordonner le travail :

  • des collaborateurs à l’ouvrage (révision, correction, graphisme, photos, imprimeurs, etc.);
  • celui des équipes de vente (librairies au Québec, en Europe, versions électroniques, etc.);
  • et les relations médias.

Vous aurez compris que je cherche des experts d’envergure, originaux et qui agissent comme partenaires actifs dans la création et la diffusion de leur message.

 

Pour l’auteur

 

Pour l’auteur, les raisons de faire un livre sont multiples.

Le plus souvent, l’auteur :

  • Souhaite établir sa notoriété, être reconnu comme un expert de qualité.
  • Envisage son livre comme un outil marketing pour élargir sa clientèle ou la fidéliser.
  • Imagine que son contenu pourra aussi être décliné en une nouvelle conférence ou formation.
  • Compte faire lire l’ouvrage à ses clients, les gens qu’il coache, afin de prolonger leurs échanges, de renforcer la maîtrise de leurs apprentissages.

Parfois, il :

  • Souhaite élargir sa base d’action et permettre à d’autres coachs ou formateurs d’utiliser son matériel.
  • Parfois enfin, il souhaite, lui aussi, faire un succès financier direct de la vente de son livre.

Alors, à la question « Faire de son livre un projet d’affaires, est-ce possible ? »


Ma réponse est Oui… mais

Oui parce que je sais qu’on peut, ensemble, éditeur et auteur, choisir de mener un projet d’affaires satisfaisant et gratifiant. 


…. Mais que

sans cet engagement mutuel, et sans réelle originalité de contenu, il vaut mieux ne pas publier ou… publier autrement.


Isabelle Quentin est maître-éditeur et experte conseil en contenus de communication. Ce billet découle de sa participation à la table-ronde du même nom organisée par le Club de Lecture Affaires, au Salon du livre de Montréal, le 18 novembre 2016. Il a été publié le 20161121 sur le blogue iqe.qc.ca.

Photo Évelyne Deshaies. Collection Coach. Isabelle Quentin maître-éditeur