Vers le rêve commun : de l'utilité de l'information et du partage

« La société industrielle produisait des objets, la nouvelle société de la connaissance va surtout créer des relations entre les citoyens. » Michel Cartier

Je m’appuie aujourd’hui sur le titanesque travail de Michel Cartier (21siecle.quebec) pour nous mobiliser à l’aube de ce qu’on peut appeler la première révolution post-industrielle. Parce qu’on n’y coupera pas. Parce qu’on s’y engage déjà et que ça va très vite. Et qu’on peut utiliser notre libre arbitre pour influencer cet avenir.

 

Quelques faits : population et internautes


  • Notre monde et sa population grandissent à une vitesse exponentielle : 250 millions de personnes en l’an 1,6 million en 1700, un milliard en 1800, 1,8 milliard en 1900 et en ce moment plus de 7,4 milliards. 
  • Les données doublent tous les 18 à 24 mois. Plus de 90 % des données de notre monde auraient été créées dans les deux dernières années. 
  • Près de 3 milliards de personnes utilisent déjà Internet. 

(données de 2015-2016)

 

D’autres faits : au pays des géants

 

De méga consortiums internationaux de services s’organisent rapidement. Parmi eux :

  • Si Facebook était un pays, il serait actuellement le troisième pays en importance au monde
  • Google est la plus grande agence publicitaire au monde. Elle combine le moteur de recherche le plus performant (PageRank), avec la plateforme vidéo dominante (YouTube), le serveur de courriels le plus utilisé (Gmail) et l’écrasant système mobile (Android). Sans parler de ses nombreux laboratoires travaillant sur les turbines éoliennes, les télécommunications, les écouteurs, les voitures sans conducteur, Internet 3, etc.

Ça n’est pas alarmiste de dire que leur pouvoir est grand. Très grand. Ni qu’ils possèdent énormément d’informations sur chacun de nous.

 

D’un autre côté : une population qui agit

 

Jamais les citoyens n’ont eu et utilisé des moyens aussi efficaces d’interagir, de discuter, de se mobiliser, en dehors des cadres politiques ou économiques habituels. 

Jamais ils n’ont eu autant de facilité à échanger des idées, des astuces, à troquer du matériel, à rendre publiques des explications, des modes d’emploi au bénéfice de tous.

Et ceci en quelques années seulement !

 

De l’importance du rêve commun

 

La culture et les connaissances qui la sous-tendent sont le fil social entre les individus. C’est ce qui fait un groupe. Ce qui fait aussi que, comme personne, je peux appartenir à plus d’un groupe.

C’est la culture qui permet la construction et le partage de rêves communs. Et c’est l’information qui est en quelque sorte son carburant. On peut donc individuellement, puis collectivement, choisir ce qu’on fait de cette information.

Présentement, on le sait, nous vivons dans une culture de l’instantané, de l’infospectacle (égoportraits, surabondance d’info, Twitter, etc.). Certains s’en lassent déjà, d’autres y naviguent avec bonheur.

Même ce billet y contribue en résumant une idée, une réflexion. En espérant, bien sûr, que le lecteur acceptera d’aller plus loin. L’éditeur que je suis tentera de proposer une information pratique morcelée, étapiste, qui amènera ce lecteur jusqu’à une information fouillée, large, utile. Ce qui est indispensable pour « se faire une tête », développer sa propre opinion, tendre vers une compréhension d’un phénomène et non seulement y réagir émotivement.

Ce qui est aussi un cadeau universel, un grand atout humain, celui de la connaissance qu’on acquiert d’abord et qu’on partagera ensuite. 

 

Vers un nouveau contrat social ?

 

Dans cette nouvelle structure sociétale où tout est appelé à changer, c’est la culture qui se transforme le plus profondément. Précisément parce que l’information est au centre d’échanges et de contenus innombrables.

On sent, on lit, on perçoit une grande recherche de solidarité. Dans les écrits les plus anodins jusqu’aux plus engagés. C’est un fait porteur d’espoir.

Celui d’une recherche de dialogue intergénérationnel, interculturel, interplanétaire qui peut, si nous le voulons, nous permettre de construire un monde meilleur. Nous y reviendrons.


Isabelle Quentin est maître-éditeur et experte-conseil en contenus de communications.


Illustration Marielle Maheu. Tiré de Le voyage de la petite tasse en quête de sa soucoupe. Isabelle Quentin éditeur