LE PARFUM INFLUENCE NOS HUMEURS - PARTIE 2

Le parfum a le pouvoir de modifier nos humeurs et nos comportements


Petite histoire du Parfum :

Le parfum viendrait du mot latin «parfumare», qui signifie «par la fumée», suite aux usages traditionnels et anciens de fumigations sacrées, médicinales ou rituelles. En Egypte, était utilisé le khyphi en l’honneur du Dieu RE . Les Egyptiens deviennent des experts dans la technique d’enfleurage. En Mésopotamie, les substances odorantes se réfèrent à l’activité religieuse. En Grèce, la tradition se perpétue et va largement enrichir la palette des substances parfumées : baumes, gommes et résines. L’hygiène devient de plus en plus important : bains, banquets, soins fréquents de la peau ou des athlètes et les mariages. Quant à Rome, elle est considérée comme la capitale du parfum ce qui permet d’accroître le commerce des plantes. Les romains mettent au point le parfum d’ambiance dans un récipient en verre remplaçant la terre cuite. Néron utilisait le parfum à outrance. Dans le monde arabe, le commerce des épices et des poudres odorantes fleurit. Ils inventent la distillation. Les hindous construisent leurs temples en bois de santal et prennent soin d’harmoniser leurs parfums avec les pièces.  En Europe, Le mot «parfum» est apparu tardivement (aucune mention avant avant 1528). Au moyen-Age, on l’utilisait déjà sous forme de boules ou sachets odorants. Il a été introduit par les croisés. Il est utilisé sous forme de gants parfumés à la Renaissance.

Les parfumeurs créent ainsi des parfums qui se sont inscrits dans l’époque dans lesquelles ils vivent et en fonction des moyens techniques à leurs disposition. A la base, les parfums étaient faits avec de l’huile puis les techniques industrielles sont allées vers l’utilisation d’alcool. Le premier parfum est arrivé vers 1370 avec l'«Eau de la Reine de Hongrie» à base de Romarin. Ils s’en mettaient sur le corps et le buvaient pour une nuée aromatique complète. Selon la légende, la reine de Hongrie retrouvait toute sa jeunesse. 

Une deuxième révolution dans la parfumerie est arrivée au 19ème siècle avec la synthèse permettant de créer de nouvelles odeurs et de nouveaux parfums. Et notamment les notes aldéhydées que nous retrouvons dans le fameux CHANEL N°5. Dès lors, les parfumeurs sont considérés comme des créateurs avec de multiples possibilités qui s’offrent à eux grâce à la synthèse. 

Il faut ne pas critiquer la synthèse car elle permet aussi de reproduire des molécules de plantes et fleurs qui ont disparu, trop rares ou très chères. Elle contribue donc à la préservation d’espèces menacées. L’autre branche de la parfumerie, l'aromachologie, permet d’utiliser le parfum dans une optique de bien-être.  


Qu’est-ce que l’aromachologie ?   

L’utilisation des plantes aromatiques pour leur effet curatif sur l’esprit existe depuis des millénaires. Dans l’Egypte ancienne, on brûlait la myrrhe, résine aromatique produite par le balsamier, au coucher du soleil, pour calmer l’anxiété et améliorer le sommeil. Dans la Grèce Antique, les effluves de safran étaient utilisés pour favoriser l’endormissement et Hippocrate affirmait même : «le parfum est un remède pour soigner la mauvaise humeur». Ce n’est qu’en 1982 qu’apparaît le terme «aromachologie», suggéré par Annette Green, présidente de la Fragrance Foundation. L’experte en parfumerie l’utilise alors pour qualifier la recherche de bien-être et d’émotions à travers une fragrance.

Dans le monde végétal, des molécules odorantes (attirantes ou repoussantes) jouent un rôle important. Les interactions écologiques avec les pollinisateurs (abeilles, papillons…) sont en partie dépendante des fragrances florales ; le parfum floral et le caractère sucré du nectar par un dosage équilibré des substances attirantes et repoussantes, garantissent aux plantes une reproduction optimale. La plante émet aussi des composants qui rendent le nectar assez amer pour que l’insecte n’en prélève pas trop ou pour éloigner des consommateurs de nectar qui ne seraient pas aptes à féconder cette espèce. La plante émet aussi des substances protectrices pour sa fleur. 

Malgré une racine commune, l’aromachologie ne doit pas être confondue avec l’aromathérapie. C’est une branche de l’olfactothérapie. Plus subtile que l’aromathérapie qui répond à un besoin physique de soin (infection, cicatrisation), elle étudie le lien entre les odeurs et le psycho-émotionnel.

Les huiles essentielles de lavande vraie, géranium, basilic tropical ou ylang-ylang sont couramment utilisées pour soulager le stress, tandis que l’épinette noire, la bergamote et le romarin sont stimulantes et aident à combattre la fatigue générale. Les huiles d’orange douce, mandarine verte et camomille romaine ont un effet calmant qui favorise le sommeil.

Pour tirer pleinement profit des bienfaits des plantes en aromachologie, on conseille la diffusion d’une essence préalablement choisie dans une pièce, pour créer un espace individuel de cocooning. La perception du bienfait est immédiate lors d’une inhalation.

Du nez au cerveau

Comme expliqué dans mon article précédent, souvent relégué au rang d’inconscient, le sens olfactif est pourtant en prise directe avec nos émotions et notre comportement. Dans notre société actuelle, le sens olfactif a été totalement délaissé.  L’odorat est le sens primaire de l'homme mais on ne prend réellement conscience de son importance et de son lien intense avec nos émotions que lorsque nous souffrons d’anosmie (perte de l’odorat). Lorsque l’on sent une odeur, un influx nerveux rejoint le système limbique, noyau de la mémoire et des émotions. C’est dans cette structure cérébrale que le message olfactif est analysé par notre cerveau avant d’être transcrit en sensation de plaisir ou déplaisir. Cette action réelle est prouvée à travers l’étude menée par le professeur Arnaud Aubert, docteur en neurosciences et en psychophysiologie à l’université de Tours. Il démontre les effets calmants d’une eau à la fleur de figuier sur la tension musculaire, l’activité cardiaque et la voix après quinze jours d’utilisation. La fragrance régule efficacement le stress et améliore le bien-être.


Souvenirs olfactifs 

Au-delà de leurs compositions chimiques et de leurs caractéristiques directement observables, les huiles aromatiques offrent cet étrange pouvoir d’entrer en résonance avec l’histoire intime et l’univers très personnel de chacun. Chacun de nous peut retrouver un souvenir enfoui ou une émotion au contact d’une odeur. C’est justement parce qu’elles provoquent la réminiscence d’une vision que certaines plantes réduisent le stress ou l’anxiété. Mais peut-on le réduire à cela ? Pas seulement, car les huiles essentielles ont une «action vibratoire» qui va bien au-delà. On attribue trois activités aux huiles essentielles : moléculaire (antiseptique, cicatrisante), bio-électronique (énergétique) et la troisième, plus subtile, liée au passé et au contenu affectif de chacun.

L’aromachologie introduit ainsi une autre vision du parfum. Il n’est pas qu'un accessoire de séduction mais une ressource qui nous fait du bien, parfois même à notre insu. En permettant à chacun de pratiquer les gestes qui soignent et qui détendent, l’aromachologie contribue à notre équilibre et notre joie de vivre. Imaginez-vous dans votre voiture pris dans un bouchon, à écouter soit du AC/DC , soit du Mozart. Vous êtes dans le même environnement, mais le pouvoir de la musique va avoir un effet différent sur votre cerveau selon le choix que vous faites. L’aromachologie, c’est sous cet angle-là, mais ramené aux pouvoirs des odeurs....Avec cette nouvelle approche des parfums, il ne suffit plus de choisir sa fragrance en fonction de ses goûts olfactifs, mais en fonction de l’effet escompté : la détente, la stimulation, la tonification… Si on souhaite que le produit agisse, il vaut mieux choisir en fonction de l'effet recherché. 




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